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Des violences policières en marge des manifestations contre le G20 à Toronto
Nous voilà donc dix jours après la fermeture du sommet du G8/G20 à Toronto. Les médias se sont chargés de commenter les arrestations tout au long du week end concerné, de montrer les voitures brûlées et les vitres cassées par les manifestants et de mettre en avant les poignets de main des officiels. Depuis mardi dernier pourtant, le propos n’est plus le même, les violences policières subies par les manifestants sont l’objet de débats et depuis mercredi 7 juillet d’une enquête censée tirer au clair les faits des policiers.
1090 arrestations dans un contexte brutal
1090 personnes ont été arrêtées durant les deux jours du sommet, chiffre record, pour une manifestation de ce genre, au Canada. Même si, 827 d’entre elles ont été relâchées sans poursuite, il ne reste pas moins que les arrestations ont eu lieu. Nombre de témoins accusent les forces de l’ordre d’avoir transgressé les droits des manifestants et d’avoir engendré eux mêmes des actes de violence. Le dispositif de sécurité déployé était tel qu’il fallait qu’il soit « efficace » (les 1,1 milliards de dollars dépensés devaient être rentables), que les policiers fassent des chiffres et des fiches à tout prix, aux dépends des droits humains. L’association canadienne des libertés civiles (ACLC) a publié mercredi dernier un rapport accablant sur les agissements des policiers d’après les notes des 50 observateurs présents lors des manifestations. Les arrestations ont été faites de manière arbitraire, parfois dans les maisons hébergeant les manifestants, bien après les actions ou encore au lever du dimanche, par exemple, dans un gymnase loué par des groupes de Montréal pour l’occasion. Les témoignages relatent des policiers arrivant, criant, injuriant notamment les québécois, menaçant les suspects au Taser, laissant à peine aux gens le temps de s’habiller... Les conditions de détention étaient déplorables : rations d’eau et de nourriture très limitées, fouilles au corps à plusieurs reprises, menottes au poignet durant toute la détention, possibilité d’appeler un avocat après 24h (le seul coup de téléphone qu’ils ont pu passer)... Même s’il y a effectivement eu des actes de vandalisme, les raisons des arrestations des 827 relâchés sans chef d’accusation restent vides. C’est incontestablement le droit de manifester et les droits humains qui a été visé, en droite ligne de la manière dont Stephen Harper, premier ministre, agit depuis son arrivée au pouvoir, afin de diminuer au maximum les possibilités d’expression de ses opposants.
Le chef de la police de Toronto accusé de mensonge
Les scandales ne s’arrêtent pas là. Vendredi, les journaux revenaient sur les dires du chef de la police de Toronto qui lors de déclarations la semaine dernière, avait montré aux médias des armes soi-disant confisquées à des manifestants, comprenant une arbalète, scie mécanique et autres. La police reconnaissait, que celles-ci n’avaient en fait pas été confisquées lors des actions des manifestations en marge du G20. Il semblerait par ailleurs, révélait le Devoir de ce même jour, que la Police ait également menti sur le décret passé en catimini au gouvernement ontarien l’autorisant à arrêter toute personne à moins de 5 mètres du périmètre de sécurité : il ne s’agissait pas des personnes à l’extérieur comme elle l’avait affirmé pour justifier certaines arrestations, mais de celles à l’intérieur... D’autres sources révélaient, aussi, que des agents de la police auraient infiltré les manifestations et armés de bâtons et de pierres auraient incité certains manifestants à devenir violents, sans que eux-mêmes ne commettent d’actes répréhensibles...
L’ouverture d’une enquête ne met pas fin aux poursuites contre des manifestants
Suite aux demandes de l’association canadienne des libertés civiles (ACLC), d’Amnestie internationale, à la diffusion de différents témoignages des personnes arrêtées et à la mobilisation de différents groupes communautaires, une enquête a été ouverte hier par la Commission des services policiers de Toronto. Il reste à en voir ses résultats, sa légitimité (participation de la population ou non), indépendance du vérificateur, … Les groupes reconnaissent que c’est un bon pas même si le processus sera observé de prêt.
La mobilisation ne s’arrête pas là. Des organisateurs sont encore sous les barreaux. Les manifestations de soutien aux inculpés continuent. A Montréal, par exemple, une marche fermée par un "Babyblock" a rassemblé plus de 1 000 personnes le premier juillet. Des concerts de récolte de fonds sont organisés également. Les groupes continuent de dénoncer les violences policières et réitèrent leur soutien avec les arrêtés, notamment certains leaders, comme celui de No one is illegal, Jaggi Singh, inculpé pour conspiration. Des cellules de soutien ont également été mises en place pour les victimes de la répression policière par la CLAC (Convergence des Luttes Anti-Capitalistes) de Montréal, qui avait organisé la majorité des transports en partance de Montréal.
Il reste maintenant à attendre le verdict des différents procès, le résultat de l’enquête et à ne pas oublier ce qu’il vient de se passer, et surtout le pourquoi et les revendications des manifestants qui, au milieu de tout ça, sont souvent passées à la trappe et revendiquaient dans l’ensemble un monde plus juste et équitable...
Sources :
www.ledevoir.com
www.cyberpresse.ca
http://2010.mediacoop.ca/
http://www.clac2010.net/
http://nooneisillegal-montreal.blog...
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