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AQMI et compagnie
Une mission conjointe menée par Alternative et la Cimade devait se dérouler cette semaine à Agadez, dans le Nord du Niger. Elle avait pour objectif de récolter des informations et de faire un état des lieux de la situation des migrants dans cette ville, principal carrefour migratoire du Niger. Elle était primordiale car c’est par Agadez que passent tous les migrants et c’est aussi le point de départ des routes pour l’Algérie et la Libye. Mais voilà, l’Ambassade de France à Niamey n’a pas donné son accord car elle estime que les membres français de la mission courent un risque en se rendant dans cette région. La crainte des représentations diplomatiques (et la justification de ce principe de précaution strictement appliqué) est de voir un de leurs ressortissants tomber aux mains d’AQMI : Al Qaïda au Maghreb Islamique. Les enlèvements d’Occidentaux sont en effet devenus, ces dernières années, des activités rentables pour les groupes armés se réclamant de la nébuleuse islamiste. Certains otages ont été libérés moyennant des rançons, d’autres en échange de la remise en liberté de combattants arrêtés. Il s’agit, pour la plupart, d’anciens membres du GSPC, le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat que l’armée algérienne a combattu sans relâche pendant une décennie, forçant les irréductibles à se réfugier plus au sud, dans les pays sahéliens voisins. Les zones montagneuses et désertiques du Mali, de la Mauritanie ou du Niger leur ont offert des bases de repli idéales car difficilement accessibles et donc, difficilement contrôlables. Mais ce nouveau positionnement géostratégique a également donné lieu à une réorientation en terme de communication. Il est si pratique de surfer sur la vague de terreur insufflée par Al Qaïda au monde occidental que les résidus du GSPC s’engouffrent sans hésiter dans la brèche. Le mouvement se colle lui-même l’étiquette Al Qaïda en se rebaptisant AQMI et en ressort gagnant. Plus de visibilité, plus de publicité, donc plus de portée et d’efficacité. Les actions sporadiques deviennent soudain des affaires médiatisées et la moindre attaque armée prend des allures de Jihad. Pourtant, AQMI s’illustre dans l’enlèvement de personnalités « rentables » plus que dans la diffusion d’un message revendicateur et idéologiquement marqué. On en oublierait presque que ce mouvement, qui s’est donné la peine d’être aussi terrifiant que possible, n’est composé que d’une cinquantaine d’hommes tout au plus. C’est véritablement l’opération de communication réussie du groupuscule qui lui a permis de prospérer. Défi (...) |
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